Il n'existe pas véritablement de créateur du canapé ni de date précise à laquelle le premier aurait vu le jour. Le meuble que nous connaissons aujourd'hui est le résultat de plusieurs évolutions, celle du lit de repos antique, de la banquette d'apparat et du siège rembourré.
💡Le saviez-vous ? Le mot anglais « couch » vient du français « coucher » : au XIIe siècle, la couche désignait le lit, et l'anglais lui donne le sens de siège long dès le milieu du XVe siècle.
L'origine du mot canapé
Le mot « canapé » vient du grec kônôps qui signifie « moustique » et qui a donné kônôpeion, autrement dit la moustiquaire. Au XIIe siècle, l'ancien français reprend ce terme sous la forme conopé. À cette époque il ne désigne pas encore un meuble mais le rideau qui entoure le lit.
Ce n'est qu'au XVIIe siècle que le mot « canapé » prend progressivement la forme et le sens qu'on lui connaît.
Avant de désigner le meuble que nous connaissons aujourd'hui, le mot « canapé » faisait donc référence à un rideau de lit.
Par ailleurs, « Sofa » vient de l'arabe suffa, qui désigne une banquette surélevée garnie de coussins. Quant au mot « Divan », il vient du persan dīwān, qui désignait à l'origine un conseil, avant de faire référence au banc sur lequel ses membres siégeaient.
Et si l'on remonte encore un peu plus loin, on retrouve des ancêtres du canapé dans l'Antiquité.
Les Grecs utilisaient la klinè, tandis que les Romains possédaient le lectus du triclinium. Ces lits de table ou de repos permettaient notamment de prendre les repas en position allongée, appuyé sur un coude. Cette posture était alors associée à un certain rang social.
Un héritage qui n'a finalement pas complètement disparu : aujourd'hui encore, le canapé reste l'un des rares sièges de la maison sur lesquels il est tout à fait naturel de s'allonger.
Le plus ancien canapé rembourré encore conservé
Pour retrouver l'un des premiers exemples de canapé rembourré encore conservés, direction l'Angleterre.
À Knole House, dans le Kent, se trouve le Knole settee, un siège datant d'environ 1640. Recouvert de velours cramoisi (rouge vif), il possède une particularité assez étonnante pour l'époque avec des accoudoirs à la même hauteur que son dossier et pouvant être rabattus grâce à un système de cordons.
À l'origine, ce meuble n'était pas vraiment pensé pour se détendre. Il s'agissait avant tout d'un siège d'apparat, suffisamment large pour accueillir un souverain et son épouse.
Les inventaires de l'époque font d'ailleurs état de commandes similaires passées dans les années 1630 auprès de Ralph Grynder, un fabricant londonien, pour la reine Henriette-Marie. Le canapé était donc aussi un moyen d'afficher son rang et son statut.
Au siècle suivant, c'est en France que son histoire se poursuit.
Les menuisiers en sièges du XVIIIe développent un vocabulaire où chaque nom désigne une posture précise :
L'ottomane, apparue vers 1729, est un canapé au dossier creusé en demi-cercle. Le dossier descend vers les accoudoirs sans rupture, en une seule courbe continue, et les extrémités reviennent vers l'avant. On s'y installe indifféremment d'un côté ou de l'autre, et elle se place volontiers dans une niche.
La veilleuse, au milieu du siècle, en dérive. Ses deux chevets sont de hauteur inégale, reliés par un dossier qui descend en pente douce de l'un vers l'autre. On ne s'y assoit pas vraiment : on s'y tient à demi allongé, la tête du côté haut.
La duchesse brisée est un siège en deux ou trois parties. Une bergère forme la tête, un ou deux bouts-de-pied la prolongent. On les rapproche pour allonger les jambes, on les écarte si nécessaire. Le mobilier modulable a donc près de trois siècles.
Ces formes auront une descendance. La méridienne, qui apparaît plus tard, au tournant du XIXe siècle, est la version moderne de la veilleuse : mêmes chevets inégaux, même dossier incliné, et le même usage de repos court en pleine journée.
Au XIXe siècle, deux évolutions vont ensuite transformer le confort des assises : l'apparition du ressort en spirale, qui remplace les sangles, et le développement du capitonnage, qui permet de maintenir le crin tout en dessinant ces fameux losanges boutonnés devenus emblématiques.
Ces formes n'ont pas disparu, elles inspirent toujours les modèles d'aujourd'hui. Chez Best Mobilier, la méridienne désigne la partie allongée de nos canapés d'angle, et nos canapés modulables reprennent le principe de la duchesse brisée avec des éléments indépendants que l'on rapproche ou que l'on sépare selon la pièce.

Origine du canapé-lit
En 1935, Albert Ducrot fonde à Autun, en Bourgogne, la maison Ducal. On lui attribue l'invention du canapé-lit : un siège de salon qui se déplie en couchage sans avoir l'air d'un lit replié.
L'idée d'un meuble transformable n'était pas neuve, des brevets existaient déjà au XIXe siècle. Ce que Ducrot apporte, c'est la mécanique fiable et la fabrication en série qui vont rendre l'objet courant dans les intérieurs français.
Le contexte l'explique avec des logements qui rétrécissent, les villes qui se densifient, et une pièce qui doit désormais servir à deux choses. Le convertible naît de cette contrainte, et c'est la même qui fait encore son succès aujourd'hui dans les canapés convertibles.
Deux formats en descendent directement, avec des noms qui disent le geste plutôt que la forme. Le clic-clac, dont le dossier bascule à l'horizontale en deux temps. Le BZ, qui se déplie en accordéon dans le sens de la largeur.

Les modèles qui ont marqué le design
Au fil des siècles, certains canapés ont réussi à dépasser leur simple fonction de siège pour devenir de véritables références dans l'histoire du mobilier. Voici des modèles qui ont particulièrement marqué leur époque.
Le chesterfield, XIXe siècle. Avec son capitonnage intégral, ses accoudoirs roulés à la hauteur du dossier et son revêtement en cuir ou en velours, il possède une silhouette immédiatement reconnaissable.
Une tradition raconte qu'il aurait été commandé par le comte de Chesterfield au siècle précédent. Pourtant, aucune source de l'époque ne permet de confirmer cette histoire. Elle reste donc une légende, même si elle accompagne encore souvent le meuble. Ce qui est certain, c'est que son allure caractéristique traverse les époques depuis l'ère victorienne.
Aujourd'hui le canapé William Best Mobilier reprend les codes du chesterfield, avec son capitonnage et ses accoudoirs arrondis. Il s'inscrit dans notre collection de canapés chesterfield.

Le LC2, créé en 1928 par Le Corbusier, Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret, et édité par Cassina. Son principe est simple : de généreux coussins installés dans une structure tubulaire apparente. Plutôt que de dissimuler son ossature, ce canapé en fait un élément central de son design.
Le Marshmallow, imaginé en 1954 par Irving Harper au sein de l'agence George Nelson Associates, puis produit par Herman Miller entre 1956 et 1961. Avec ses dix-huit disques ronds fixés sur une armature, il ne ressemble à aucun canapé traditionnel. Son assise discontinue montre qu'un canapé peut aussi être pensé comme un objet graphique et esthétique. Pendant longtemps, sa création a d'ailleurs été attribuée à George Nelson lui-même.
Le Sacco, créé en 1968 par Piero Gatti, Cesare Paolini et Franco Teodoro pour Zanotta. C'est le pouf poire original : une enveloppe souple remplie de billes, sans structure rigide, qui prend la forme du corps lorsqu'on s'y installe.
Le Camaleonda, imaginé par Mario Bellini en 1970 pour B&B Italia, puis réédité en 2020.
Le Mah Jong, créé par Hans Hopfer en 1971 pour Roche Bobois.
Le Togo, dessiné par Michel Ducaroy en 1973 pour Ligne Roset, présenté au Salon des Arts Ménagers et récompensé par le prix René Gabriel.
Ces trois derniers modèles illustrent particulièrement bien les envies des années 1970. Les canapés se rapprochent du sol, les pieds disparaissent et les assises deviennent modulables. On peut désormais assembler les éléments, changer leur disposition et adapter le salon à ses habitudes.
Les canapés modulables et les canapés nuage Best Mobilier reprennent certaines de ces tendances des années 1970, avec leurs volumes spacieux, leurs lignes arrondies et leurs assises confortables. Le modèle Debbie 5 places par exemple propose une approche contemporaine du canapé modulable.

| Modèle emblématique | Époque | Ce qui le caractérise |
|---|---|---|
| Chesterfield | XIXe siècle | Capitonnage profond, accoudoirs roulés et allure classique. |
| LC2 | 1928 | Structure tubulaire apparente et lignes géométriques. |
| Marshmallow | 1954 | Assise composée de dix-huit disques ronds. |
| Sacco | 1968 | Pouf souple sans structure rigide, qui épouse le corps. |
| Camaleonda | 1970 | Modules rembourrés permettant différentes configurations. |
| Mah Jong | 1971 | Coussins modulables à assembler librement au sol. |
| Togo | 1973 | Assise basse, silhouette plissée et formes généreuses. |
Les canapés entrés dans la culture populaire
Quelques-uns sont devenus célèbres après avoir occupé une place importante dans la pop culture.
Le canapé orange de Central Perk, dans Friends. À première vue, il n'a rien d'extraordinaire : un ancien canapé en velours, un peu usé, chiné pour les besoins du décor. Et pourtant, il est devenu l'un des canapés les plus reconnaissables au monde. Pendant dix ans, les personnages de Friends s'y sont retrouvés pour discuter, rire et partager leur quotidien.
Les deux fauteuils relax de Joey et Chandler, toujours dans Friends. Difficile d'oublier ces deux fauteuils en cuir installés côte à côte face à la télévision. Dans un épisode devenu culte, les deux colocataires passent leur journée sans vouloir se lever, profitant de leur confort et de leur mécanisme inclinable.
Le fauteuil relax électrique Chandler Best Mobilier reprend cet esprit avec une assise inclinable pour encore plus de confort. Le modèle canapé relax électrique Armand permet également d'incliner le dossier, avec deux places assises, grâce à son mécanisme électrique. Ils font partie de notre collection de canapés de relaxation.

Le fauteuil de Martin, dans Frasier. Un vieux fauteuil relax, usé et réparé au ruban adhésif, que le père de Frasier tient absolument à conserver au beau milieu de l'appartement soigneusement décoré de son fils. Pendant onze saisons, ce fauteuil devient presque un personnage à part entière. Il représente à lui seul l'opposition entre deux visions de l'intérieur : d'un côté, le goût du beau mobilier et du design, de l'autre l'attachement à un objet familier dans lequel on se sent bien.
Le canapé des Simpson. Depuis 1989, le générique de la série met en scène le même rituel avec toute la famille qui se précipite vers le canapé du salon et une blague associée, selon les épisodes.
Après des centaines de variantes, ce simple canapé marron est devenu un symbole de la série. Un meuble ordinaire, mais immédiatement associé au moment où toute la famille se retrouve.
La place de Sheldon, dans The Big Bang Theory. Pour Sheldon Cooper, il n'est pas question de s'asseoir n'importe où. Un emplacement bien précis du canapé lui est réservé, et personne d'autre n'est censé l'occuper.
Un gag récurrent qui parle finalement à beaucoup de monde. Dans un salon, chacun finit souvent par adopter sa place préférée, sans même qu'on ait eu besoin de se mettre d'accord.
Les bureaux de Mad Men. Avec ses décors inspirés des années 1960, la série a remis en lumière le style mid-century modern, caractérisé par des lignes épurées, des banquettes basses, des pieds fins et des matériaux comme le bois et le cuir.
Son influence ne s'est pas limitée à l'écran. La série a également accompagné le regain d'intérêt pour ce style dans les intérieurs des années 2010.
Les canapés scandinaves Best Mobilier, avec leurs lignes épurées et leurs pieds fins, reprennent certains codes du design mid-century modern, notamment ses influences nordiques et son goût pour les silhouettes fines.

Le chesterfield et les clubs anglais. Bien avant ces séries, le chesterfield en cuir sombre occupait déjà une place importante dans l'imaginaire collectif, notamment à travers les fumoirs victoriens et les cabinets de détective.
L'univers de Sherlock Holmes a largement contribué à ancrer cette image. Aujourd'hui encore, il suffit parfois d'apercevoir un chesterfield pour penser à une bibliothèque ancienne, un club anglais ou un bureau de détective.
Les icônes du design, seconde vie sur les réseaux
Les grands classiques du design ne sont pas restés dans les livres d'histoire ou les musées. Plusieurs décennies après leur création, certains ont retrouvé une nouvelle popularité grâce à Instagram et Pinterest.
Le Togo en est probablement l'un des meilleurs exemples. Avec son allure froissée, son assise basse et sa forme immédiatement reconnaissable, il est devenu un incontournable des photos d'intérieurs contemporains.
Le Camaleonda et le Mah Jong connaissent un succès comparable, portés par le retour des canapés modulables, des gros coussins et des assises généreuses.
Le Bocca, le célèbre canapé en forme de bouche rouge imaginé par Studio 65, apparaît lui aussi régulièrement dans les clips, les vitrines et les décors. Beaucoup le reconnaissent sans forcément connaître son lien avec un tableau de Dalí.
Ces modèles ont des styles très différents, mais chacun évoque une époque, une façon de vivre ou un certain design unique.
Ce que ces modèles ont laissé dans nos salons
Ces pièces emblématiques ne sont pas forcément accessibles à tous les budgets. Mais leur influence va bien au-delà de leur prix ou de leur notoriété. Beaucoup de leurs caractéristiques se retrouvent aujourd'hui dans des canapés du quotidien.
Le chesterfield, par exemple, a traversé les époques grâce à son capitonnage caractéristique et à sa structure pensée pour résister à l'usage. Il reste une référence pour donner du caractère et une touche classique à un salon.
Les lignes épurées du modernisme ont inspiré les canapés à piètement fin et assise dégagée. En laissant apparaître davantage de sol, ils apportent une impression de légèreté particulièrement intéressante dans les petits espaces.
Quant aux formes arrondies des années 1970, elles reviennent aujourd'hui avec les canapés nuage. Des volumes généreux et des assises accueillantes qui donnent envie de s'y installer pendant des heures.
Questions fréquentes
Le canapé n'a pas d'inventeur. Il vient du croisement de meubles anciens : le lit de repos antique (la klinè grecque, le lectus romain), la banquette d'apparat et le siège rembourré. Le plus ancien canapé rembourré encore conservé est le Knole settee, en Angleterre, daté des environs de 1640.
Le meuble rembourré tel qu'on le reconnaît apparaît en Angleterre vers 1640. Le confort moderne arrive au XIXe avec le ressort en spirale, breveté par le tapissier viennois Georg Junigl en 1822.
Le mot vient du grec kônôps, le moustique, qui donne kônôpeion, la moustiquaire. L'ancien français en fait conopé au XIIe siècle, où il désigne le rideau de lit. La forme « canapé » ne s'installe qu'au XVIIe siècle pour finir par désigner le meuble.
Il n'y a pas de différence majeur, ce sont des termes similaires avec des origines différentes.
Le sofa vient de l'arabe suffa, une banquette surélevée garnie de coussins
Divan provient du persan dīwān, un "conseil" ou "bureau".
Un siège rembourré à dossier, prévu pour plusieurs personnes. C'est aussi le seul siège de la maison où s'allonger va de soi, héritage des lits de repos antiques.
Chez les Grecs et les Romains, dîner allongé était un privilège et mettait en valeur son rang social. Les premiers canapés du XVIIe siècle sont des meubles de réception, assez larges pour recevoir un souverain et son épouse.
Cette symbolique a bien changé depuis car c'est devenu un meuble assez commun et de véritable partage.